Jeûne

Le jeûne intermittent : comment le pratiquer et qu’en attendre ?

Jeûner seize heures, sauter le dîner ou simplement espacer davantage ses repas : le jeûne intermittent recouvre plusieurs pratiques. Intéressant pour remettre du rythme dans l’alimentation et offrir au corps de vraies périodes sans apport, il ne doit cependant pas être confondu avec un jeûne prolongé.

Jeûner seize heures, sauter le dîner ou simplement espacer davantage ses repas : le jeûne intermittent recouvre plusieurs pratiques. Intéressant pour remettre du rythme dans l’alimentation et offrir au corps de vraies périodes sans apport, il ne doit cependant pas être confondu avec un jeûne prolongé.

Jeûner seize heures, sauter le dîner ou simplement espacer davantage ses repas : le jeûne intermittent recouvre plusieurs pratiques. Intéressant pour remettre du rythme dans l’alimentation et offrir au corps de vraies périodes sans apport, il ne doit cependant pas être confondu avec un jeûne prolongé.

Fondatrice de Traverse Detox

Psychopraticienne et accompagnatrice de jeûne

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10 min de lecture

Femme buvant un verre d'eau citronnée tout en consultant sa montre, assise à une table en bois avec un carnet et un ordinateur portable.

Le jeûne intermittent, qu’est-ce que c’est ?

Nous jeûnons déjà tous les jours.

Entre le dîner et le petit-déjeuner, plusieurs heures s’écoulent naturellement sans apport alimentaire. Le jeûne intermittent consiste simplement à prolonger régulièrement cette période.

Il ne désigne donc pas une méthode unique, mais une famille de pratiques alternant des périodes où l’on mange et des périodes où l’on ne mange pas.

Sa particularité est qu’il s’intéresse d’abord au moment où l’on mange, davantage qu’à une liste d’aliments autorisés ou interdits.

Et c’est probablement une partie de son intérêt.

Notre alimentation moderne a tendance à devenir presque continue : petit-déjeuner, café accompagné de quelque chose, déjeuner, goûter, apéritif, dîner, grignotage du soir… Le corps passe une grande partie de la journée à recevoir, digérer, absorber et stocker.

Le jeûne intermittent réintroduit simplement de vraies périodes sans apport.

12/12, 14/10, 16/8 : de quoi parle-t-on ?

La forme la plus connue est le 16/8 : seize heures sans apport calorique et huit heures pendant lesquelles les repas sont pris.

Par exemple, dîner à 20 heures puis déjeuner le lendemain à midi.

Mais seize heures n’est pas un chiffre magique.

Un rythme 12/12 ou 14/10 constitue déjà une véritable pause alimentaire. Pour certaines personnes, cela signifie simplement dîner un peu plus tôt, supprimer le grignotage du soir et prendre le petit-déjeuner plus tard.

Il existe également d’autres formes : le 5:2, le jeûne un jour sur deux ou encore des jeûnes de 24 heures pratiqués ponctuellement.

Ces méthodes n’ont ni la même intensité ni les mêmes contraintes.

Pour une pratique quotidienne, le jeûne à durée limitée — souvent appelé time-restricted eating — reste généralement le plus simple à intégrer.

Que se passe-t-il lorsque l’on cesse de manger pendant quelques heures ?

Après un repas, l’organisme utilise une partie de l’énergie disponible et en stocke une autre.

Lorsque les apports cessent, l’insuline diminue progressivement et le corps commence à mobiliser davantage ses réserves.

Le glycogène joue d’abord un rôle important. Puis, à mesure que la période sans nourriture se prolonge, la mobilisation des graisses augmente et la production de corps cétoniques peut commencer à s’élever.

C’est ce que l’on appelle parfois le basculement métabolique : le corps devient progressivement moins dépendant de l’énergie qui vient d’arriver et davantage capable d’utiliser celle qu’il possède déjà.

Mais il faut immédiatement apporter une nuance : dans un jeûne intermittent de 14 ou 16 heures, cette transition est interrompue chaque jour par le retour de l’alimentation.

C’est très différent de ce qui se produit lorsque l’absence d’apport se prolonge pendant plusieurs jours.

Le jeûne intermittent fait-il perdre du poids ?

Il peut favoriser une perte de poids, mais pas parce qu’une fenêtre horaire particulière déclencherait miraculeusement la fonte des graisses.

L’une des explications est beaucoup plus simple : réduire la durée pendant laquelle on mange réduit souvent aussi les occasions de manger.

Moins de grignotages, parfois un repas de moins, moins d’apports tardifs : l’apport énergétique total peut diminuer spontanément.

Les études récentes montrent que différentes formes de jeûne intermittent peuvent être efficaces sur le poids et certains paramètres métaboliques. Elles montrent également que, globalement, le jeûne intermittent n’est pas spectaculairement supérieur à une restriction calorique classique.

Son intérêt est peut-être ailleurs : certaines personnes le trouvent beaucoup plus simple à vivre.

Plutôt que de compter continuellement ce qu’elles mangent, elles définissent simplement des moments où elles mangent et d’autres où elles ne mangent pas.

Et sur la glycémie, l’insuline et le métabolisme ?

Les périodes sans apport permettent notamment à l’insuline de redescendre entre les repas et modifient temporairement l’utilisation des substrats énergétiques.

Chez certaines personnes, notamment lorsqu’il s’accompagne d’une perte de poids ou d’une amélioration globale de l’alimentation, le jeûne intermittent peut améliorer certains paramètres métaboliques.

Mais il ne faut pas lui attribuer ce qu’il ne fait pas.

Jeûner seize heures ne transforme pas les huit heures restantes en zone franche nutritionnelle.

La qualité des aliments, les quantités consommées, le sommeil, l’activité physique et le rythme de vie continuent à compter.

Faut-il absolument faire 16/8 ?

Non.

Le succès du 16/8 a parfois transformé une idée extrêmement simple en nouvelle prescription rigide.

Or quelqu’un qui dîne à 19 h 30 et prend son petit-déjeuner à 9 h 30 réalise déjà quatorze heures sans manger.

Pour beaucoup de personnes, supprimer le grignotage du soir et laisser une véritable pause nocturne est probablement plus intelligent que de vouloir immédiatement atteindre seize ou dix-huit heures.

L’objectif n’est pas de gagner une compétition de jeûne.

Il est de trouver un rythme que l’on peut réellement vivre.

Petit-déjeuner ou dîner : quel repas supprimer ?

Certains n’ont naturellement pas faim le matin. Pour eux, repousser le premier repas peut être très facile.

D’autres aiment leur petit-déjeuner mais peuvent dîner tôt et léger.

Les recherches sur les rythmes circadiens suggèrent qu’une alimentation concentrée plus tôt dans la journée pourrait présenter certains avantages métaboliques par rapport à des prises alimentaires très tardives.

Mais une organisation théoriquement parfaite qui devient socialement ou psychologiquement impossible n’a guère d’intérêt.

Le bon rythme est celui qui reste compatible avec la physiologie, la qualité de l’alimentation et la réalité de votre vie.

Peut-on faire du sport à jeun ?

Pour beaucoup de personnes, oui.

Marche, yoga, natation douce ou activité physique habituelle peuvent parfaitement s’intégrer à une période de jeûne intermittent.

Pour les entraînements longs, très intenses ou destinés à développer la masse musculaire, la question des apports énergétiques et protéiques devient davantage importante.

Là encore, le jeûne est un outil. Pas une épreuve.

Et la masse musculaire ?

C’est une vraie question, particulièrement avec l’âge.

La préservation de la masse musculaire dépend notamment de l’apport énergétique, de la quantité et de la répartition des protéines, ainsi que du travail musculaire.

Réduire sa fenêtre alimentaire ne doit donc pas conduire à manger insuffisamment ou à rendre difficile un apport nutritionnel adapté.

Si l’objectif est de préserver ou développer sa masse musculaire, le jeûne intermittent doit s’adapter à cet objectif, et non l’inverse.

Le piège : transformer le jeûne intermittent en nouveau régime

16/8.

18/6.

20/4.

Une application.

Un chronomètre.

Des performances.

Et voilà qu’une pratique qui consistait initialement à ne rien faire devient une nouvelle discipline à optimiser.

On retrouve alors exactement ce dont on voulait sortir : contrôle permanent, règles, culpabilité et obsession alimentaire.

Chez Traverse, nous regardons le jeûne autrement.

Il ne s’agit pas d’ajouter une contrainte.

Il s’agit d’enlever.

Le jeûne intermittent n’est pas un jeûne prolongé

C’est probablement la distinction la plus importante.

Faire quotidiennement quatorze ou seize heures sans manger peut être intéressant. Cela espace les prises alimentaires, interrompt pendant plusieurs heures le travail digestif lié aux repas et entraîne déjà des modifications métaboliques.

Mais un 16/8 n’est pas une semaine de jeûne en miniature.

Dans un jeûne intermittent, on recommence à manger précisément au moment où l’organisme commence à s’éloigner davantage du fonctionnement postprandial. Le lendemain, le cycle recommence.

Dans un jeûne de plusieurs jours, au contraire, l’absence d’apport se poursuit. Les réserves de glycogène diminuent davantage, la mobilisation des graisses s’intensifie et la production de corps cétoniques devient beaucoup plus importante. La cétose s’installe progressivement et devient généralement beaucoup plus marquée au cours des premiers jours.

Les mécanismes de recyclage cellulaire, dont l’autophagie, existent en permanence dans l’organisme et ne s’allument pas soudainement au troisième jour. Mais un jeûne prolongé crée un environnement métabolique très différent d’une simple pause alimentaire de seize heures.

C’est pourquoi nous ne présentons pas le jeûne intermittent comme l’équivalent d’un travail de détox prolongé.

Il offre une pause. Il permet au corps de retrouver régulièrement des périodes sans apport. Il sollicite ses mécanismes d’adaptation et participe à la régulation de son équilibre interne — son homéostasie.

Mais il n’installe pas avec la même durée ni la même intensité le basculement métabolique, la cétose soutenue et les phénomènes de mobilisation et de recyclage associés à plusieurs jours sans alimentation.

Chez Traverse : deux pratiques, deux intentions

Nous pouvons donc trouver le jeûne intermittent très intéressant sans lui demander de faire le travail d’un jeûne prolongé.

Dans la vie quotidienne, il peut constituer une excellente manière de cesser de manger en continu, de redonner une place à la faim réelle et d’introduire régulièrement du repos dans notre rythme alimentaire.

Une retraite de jeûne répond à une autre intention.

Pendant plusieurs jours, la rupture avec l’alimentation se prolonge suffisamment pour que le changement métabolique s’approfondisse. Mais surtout, chez Traverse, nous ne retirons pas seulement les repas.

Nous retirons aussi une partie du bruit, des automatismes, des sollicitations et du rythme habituel.

C’est ce temps long qui nous intéresse.

Le jeûne intermittent peut être une hygiène de vie.

Le jeûne prolongé est une traversée.

Les deux peuvent avoir leur place. Ils ne font simplement pas le même travail.

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Traverse La Teulera · Torremirona Resort · 17744 Navata (Girona)

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