Détox systémique

La détox systémique : et si ce qui nous intoxique ne venait pas seulement de notre assiette ?

Nous réduisons souvent la détox à ce que nous mangeons. Pourtant, notre équilibre dépend aussi des lieux dans lesquels nous vivons, du stress que nous accumulons, de nos rythmes, de nos relations, de ce que nous absorbons mentalement — et parfois de ce que notre histoire nous a transmis.

Nous réduisons souvent la détox à ce que nous mangeons. Pourtant, notre équilibre dépend aussi des lieux dans lesquels nous vivons, du stress que nous accumulons, de nos rythmes, de nos relations, de ce que nous absorbons mentalement — et parfois de ce que notre histoire nous a transmis.

Nous réduisons souvent la détox à ce que nous mangeons. Pourtant, notre équilibre dépend aussi des lieux dans lesquels nous vivons, du stress que nous accumulons, de nos rythmes, de nos relations, de ce que nous absorbons mentalement — et parfois de ce que notre histoire nous a transmis.

Fondatrice de Traverse Detox

Psychopraticienne et accompagnatrice de jeûne

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9 min de lecture

Une femme boit un café face à la fenêtre de sa cuisine, ordinateur et carnet sur la table, un chien allongé au sol, entourée de plantes et de notes manuscrites rappelant de respirer, marcher, manger simplement et se libérer du superflu.

Lorsque nous parlons de détox, nous regardons spontanément ce qui entre dans notre bouche. Mais l’alimentation n’est qu’une des choses auxquelles un être humain est exposé.

Nous pouvons parfaitement supprimer le sucre, l’alcool ou les aliments ultra-transformés tout en continuant à vivre dans un environnement qui nous épuise, à dormir trop peu, à travailler sans interruption, à subir un stress chronique, à entretenir des relations qui nous abîment ou à absorber quotidiennement un flot d’informations qui maintient notre organisme en alerte.

La détox systémique consiste à élargir le regard.

Elle ne demande plus seulement :

« Qu’est-ce que je mange ? »

mais :

« À quoi suis-je exposé, qu’est-ce que j’absorbe, qu’est-ce qui me surcharge et qu’est-ce qui continue à agir sur moi ? »

Nous ne sommes pas intoxiqués uniquement par ce que nous mangeons

En naturopathie, la détox désigne classiquement ce qui touche à l’alimentation : sucre, alcool, tabac, polluants alimentaires, excès, produits ultra-transformés. Ce sont, pour l’essentiel, des expositions exogènes — c’est-à-dire venues de l’extérieur.

Mais le corps ne se contente pas de traiter ce qui vient du dehors. Il produit aussi, en permanence, ses propres métabolites, et doit continuellement maintenir ses équilibres internes — thermiques, hormonaux, immunitaires, nerveux.

Il existe donc une notion plus large que celle de « toxine » : la charge.

Un organisme ne répond pas uniquement aux molécules qu’il ingère. Il répond aussi au manque de sommeil, au stress, au bruit, aux rythmes imposés, à l’insécurité, aux conflits, à l’hyperstimulation, à son environnement.

C’est là que commence la détox systémique.

1. Le lieu : ce à quoi notre corps est exposé sans que nous y pensions

Commençons par l’environnement physique, volontairement, avant même de parler d’alimentation.

Nous passons l’essentiel de notre existence dans quelques lieux seulement : notre chambre, notre maison, notre bureau. Qualité de l’air, lumière, bruit, température, humidité, polluants intérieurs, proximité des écrans et des appareils, qualité du sommeil, caractéristiques physiques du lieu — tout cela agit sur nous en continu, bien avant que nous y prêtions attention.

La géobiologie s’inscrit dans cette même question : elle s’intéresse à l’influence possible du lieu sur le vivant, et prend notamment en compte les failles géologiques, les circulations d’eau souterraines, ainsi que ce qu’elle nomme les réseaux ou nœuds de Hartmann et Curry.

Ces réseaux appartiennent aux modèles de la géobiologie. Ils ne bénéficient pas, à ce jour, du même niveau de validation scientifique que le bruit, la qualité de l’air ou la lumière — il serait malhonnête de les présenter comme un fait démontré. Mais il serait tout aussi réducteur de tourner cette approche en dérision.

L’idée importante est ailleurs : avant de chercher uniquement ce qui ne va pas à l’intérieur d’une personne, il vaut aussi la peine de regarder l’endroit où elle passe huit heures à dormir, ou dix heures à travailler.

2. L’alimentation : importante, mais pas toute-puissante

Remettons l’alimentation à sa juste place : elle compte, évidemment. Alcool, excès de sucre, aliments ultra-transformés, quantité, fréquence des repas, digestion permanente sans aucun répit — tout cela pèse sur l’organisme.

Mais une alimentation parfaite ne compense pas nécessairement un sommeil insuffisant, un stress chronique ou une vie sans aucune récupération. Nous détaillons cette question dans La cure détox en naturopathie : à quoi sert-elle vraiment ? — la détox alimentaire elle-même n’y est pas réduite à une privation, mais distinguée entre détoxification, revitalisation et stabilisation.

3. Le stress : une charge produite de l’intérieur

Le stress ne « fabrique » pas des toxines, au sens propre du terme. Mais la réponse au stress est bien une réponse physiologique réelle, mesurable : système nerveux autonome, axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, sécrétion de cortisol, fréquence cardiaque, métabolisme, immunité, inflammation.

Un stress ponctuel est une capacité d’adaptation. Le corps mobilise ses ressources, répond, puis revient à l’équilibre.

Le problème apparaît lorsque cette adaptation doit être maintenue trop longtemps, ou trop souvent. Les chercheurs parlent alors de charge allostatique : le coût physiologique cumulatif de l’adaptation répétée ou chronique aux contraintes.

Dans notre vocabulaire, c’est aussi cela que nous cherchons à alléger lorsque nous parlons de détox.

4. Le rythme : quand le corps n’a plus d’espace

Sommeil insuffisant, horaires qui débordent, repas permanents, sollicitations continues, agenda saturé, absence de silence et de temps sans objectif : le problème n’est pas seulement ce que l’on fait, mais l’absence d’interruption.

C’est ici que se relie la philosophie même de Traverse : on enlève, on n’ajoute pas.

Une détox n’est pas nécessairement une nouvelle liste de choses à faire correctement. Elle peut commencer, plus simplement, par supprimer provisoirement certaines sollicitations.

5. Les relations : certaines présences nous régulent, d’autres nous épuisent

Il faut pouvoir aborder franchement la toxicité relationnelle, sans tomber dans le vocabulaire un peu galvaudé des « personnes toxiques ».

Une relation peut maintenir quelqu’un dans l’hypervigilance, l’obligation, la culpabilité, le conflit, la justification permanente ou l’insécurité. À l’inverse, certaines relations participent directement à la régulation et au sentiment de sécurité.

La question systémique n’est donc pas seulement :

« Comment vais-je ? »

mais :

« Que devient mon état lorsque je suis dans ce système relationnel ? »

6. L’information : ce que nous consommons sans le considérer comme une consommation

Notifications, actualités, réseaux sociaux, messages, vidéos, podcasts, sollicitations professionnelles : nous employons volontiers le mot « consommation » pour parler d’information, mais nous en tirons rarement les conséquences.

Tout ce qui entre en nous ne passe pas par l’intestin. Nous pouvons choisir notre nourriture avec attention, et laisser dans le même temps notre attention être alimentée toute la journée par des contenus que nous n’avons jamais véritablement choisis.

La détox systémique concerne donc également l’attention.

7. Ce que nous transportons de notre histoire

Une famille transmet évidemment des gènes. Mais elle transmet aussi des comportements, des manières de s’attacher, des façons de gérer le danger, l’argent, la nourriture, le conflit, la réussite ou la culpabilité — des récits, des silences, des loyautés.

L’épigénétique a montré que l’environnement et les expériences peuvent modifier l’expression des gènes. La transmission transgénérationnelle chez l’humain de marques épigénétiques acquises reste, en revanche, un domaine de recherche débattu : il ne faut pas présenter comme démontré que nous héritons biologiquement des traumatismes de nos grands-parents.

Faisons de cette incertitude une force plutôt qu’une gêne : nous n’avons pas besoin que toute transmission familiale soit inscrite dans l’ADN pour constater qu’une histoire familiale continue parfois d’organiser une vie, plusieurs générations plus tard.

C’est là que la dimension systémique rejoint la Métapsy.

La détox systémique n’est donc pas une chasse aux toxines

Rassemblons ces dimensions :

  1. lieu et environnement ;

  2. alimentation ;

  3. stress ;

  4. rythme et sommeil ;

  5. relations ;

  6. information et attention ;

  7. histoire familiale et transgénérationnelle.

Il ne s’agit pas d’établir une nouvelle liste anxiogène de choses dont il faudrait se protéger. Ce serait exactement l’inverse de l’intention.

La question est plutôt de repérer ce qui prend trop de place, ce qui sollicite continuellement l’organisme, et ce dont une personne peut temporairement se retirer pour observer ce qui change.

Chez Traverse : retirer pour pouvoir observer

Une retraite ne consiste donc pas simplement à retirer l’alimentation pendant quelques jours.

Nous retirons simultanément plusieurs éléments du système habituel : les repas, une partie des décisions quotidiennes, le travail, les transports, les sollicitations, les écrans si la personne le souhaite, certaines obligations sociales, le rythme habituel.

Le jeûne, par exemple sous sa forme de type Buchinger, est l’un des outils possibles de ce retrait — il n’en est ni l’unique porte d’entrée, ni une obligation.

Nous ajoutons peu.

Du repos. De la marche. Du silence. De l’espace. Un environnement choisi. De l’accompagnement.

Et quelque chose devient alors observable.

La faim n’est parfois pas une faim.

La fatigue n’est parfois pas seulement physique.

L’agitation n’apparaît parfois qu’au moment où plus rien ne vient la masquer.

Certaines habitudes que nous pensions indispensables cessent de l’être dès que le système qui les entretenait disparaît provisoirement.

C’est cela, pour Traverse, une détox systémique.

Pas purifier un organisme supposé sale.

Retirer suffisamment de bruit pour distinguer ce qui, dans notre manière de vivre, nous nourrit réellement de ce qui nous surcharge.

Références

McEwen B. S., « Stress, adaptation, and disease: Allostasis and allostatic load », Annals of the New York Academy of Sciences, 1998.

Chrousos G. P., « Stress and disorders of the stress system », Nature Reviews Endocrinology, 2009.

Yehuda R., Lehrner A., « Intergenerational transmission of trauma effects: putative role of epigenetic mechanisms », World Psychiatry, 2018.

Pour aller plus loin

La cure détox en naturopathie : à quoi sert-elle vraiment ?

Le jeûne de type Buchinger

Métapsy

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