Jeûne

Le régime cétogène : manger autrement pour changer de carburant

Peut-on continuer à manger tout en utilisant les mêmes carburants que pendant un jeûne ? Le régime cétogène repose sur une modification radicale des apports en glucides. Il révèle une faculté remarquable de notre métabolisme, mais ne doit pas être confondu avec le jeûne.

Peut-on continuer à manger tout en utilisant les mêmes carburants que pendant un jeûne ? Le régime cétogène repose sur une modification radicale des apports en glucides. Il révèle une faculté remarquable de notre métabolisme, mais ne doit pas être confondu avec le jeûne.

Peut-on continuer à manger tout en utilisant les mêmes carburants que pendant un jeûne ? Le régime cétogène repose sur une modification radicale des apports en glucides. Il révèle une faculté remarquable de notre métabolisme, mais ne doit pas être confondu avec le jeûne.

Fondatrice de Traverse Detox

Psychopraticienne et accompagnatrice de jeûne

·

13 min de lecture

Petit déjeuner cétogène avec avocat, œufs, saumon fumé et roquette

Et si le corps pouvait fonctionner avec un autre carburant ?

Nous avons pris l’habitude d’associer l’énergie aux glucides.

Du pain au petit déjeuner, des féculents au déjeuner, un fruit, quelques biscuits, du riz ou des pâtes au dîner : le glucose occupe une place considérable dans notre alimentation quotidienne.

Il constitue effectivement une source d’énergie essentielle pour l’organisme.

Mais ce n’est pas la seule.

Notre corps possède une capacité remarquable : il peut modifier la nature des carburants qu’il utilise en fonction de ce qu’il reçoit.

Lorsque les glucides deviennent très rares, il augmente l’utilisation des graisses et le foie commence à fabriquer des molécules particulières, les corps cétoniques.

C’est le principe du régime cétogène.

Et c’est aussi l’un des mécanismes que nous retrouvons pendant le jeûne.

À une différence près, et elle est fondamentale : dans un régime cétogène, on continue à manger.

Le régime cétogène, qu’est-ce que c’est exactement ?

Le régime cétogène, souvent appelé « keto », est une alimentation très pauvre en glucides, riche en lipides et comportant un apport adapté en protéines.

Dans sa forme classique, les glucides représentent généralement moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien. Cela correspond souvent à environ 20 à 50 grammes de glucides par jour, selon les protocoles et les personnes.

Pour mesurer ce que cela représente, une banane moyenne peut déjà apporter une vingtaine de grammes de glucides.

Le régime impose donc de limiter fortement les aliments qui constituent habituellement une part importante de nos repas.

Le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales, les produits sucrés et de nombreux fruits deviennent très occasionnels ou disparaissent du programme.

À l’inverse, l’alimentation privilégie les œufs, les poissons, les matières grasses, les avocats, les olives, les oléagineux, certaines viandes et les légumes pauvres en glucides.

Les protéines doivent rester suffisantes, mais le régime cétogène classique n’est pas un régime hyperprotéiné.

Et surtout, ce n’est pas nécessairement un régime hypocalorique.

On peut consommer suffisamment d’énergie, maintenir son poids et pourtant entrer en cétose.

Ce qui change, ce n’est donc pas obligatoirement la quantité de nourriture.

C’est la manière dont l’organisme va produire une partie de son énergie.

La cétose : quand le foie fabrique des corps cétoniques

Lorsque nous consommons des glucides, une partie du glucose est utilisée immédiatement et une autre peut être stockée sous forme de glycogène, principalement dans le foie et les muscles.

Lorsque les apports glucidiques diminuent fortement, l’organisme modifie progressivement son fonctionnement.

L’insuline tend à diminuer, les graisses deviennent davantage disponibles et le foie transforme une partie des acides gras en corps cétoniques.

Les trois principaux sont l’acétoacétate, le bêta-hydroxybutyrate et l’acétone.

Ces molécules peuvent servir de carburant à plusieurs tissus, notamment au cerveau.

C’est particulièrement intéressant puisque le cerveau ne peut pas utiliser directement les acides gras circulants dans les mêmes proportions que les muscles.

Les corps cétoniques lui offrent donc une source d’énergie alternative.

Le cerveau continue néanmoins à utiliser du glucose, que l’organisme peut notamment produire par néoglucogenèse.

Il ne s’agit pas de remplacer totalement un carburant par un autre.

Il s’agit de modifier progressivement les proportions dans lesquelles ils sont utilisés.

Lorsque la concentration de corps cétoniques augmente dans un contexte physiologique, on parle de cétose nutritionnelle.

Pourquoi retrouve-t-on ce mécanisme pendant le jeûne ?

Le jeûne et le régime cétogène empruntent en partie le même chemin métabolique.

Dans les deux cas, la disponibilité des glucides diminue et l’organisme augmente progressivement la mobilisation des graisses et la production de corps cétoniques.

Mais les situations de départ sont différentes.

Dans le régime cétogène, la personne continue à recevoir des calories, des protéines, des lipides et des micronutriments.

Pendant un jeûne, les apports énergétiques sont absents ou fortement réduits selon le protocole.

L’organisme doit alors mobiliser davantage ses propres réserves.

La cétose constitue donc un point commun, mais elle ne suffit pas à rendre les deux pratiques équivalentes.

Le jeûne entraîne d’autres adaptations liées à la restriction énergétique, à la disponibilité des acides aminés et à la modification des signaux hormonaux et cellulaires.

Être en cétose ne signifie pas être à jeun.

Et inversement, sauter un repas ou jeûner quelques heures ne signifie pas nécessairement que l’on est entré dans une cétose importante.

Nous avons détaillé cette progression dans notre article consacré aux quatre grands mécanismes du jeûne.

Combien de temps faut-il pour entrer en cétose ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes.

Et la réponse est moins spectaculaire que ce que promettent certains programmes.

Il n’existe pas d’heure universelle à laquelle l’organisme bascule soudainement en cétose.

La production de corps cétoniques peut augmenter en quelques jours de restriction glucidique importante.

Mais cette évolution dépend de nombreux paramètres : les apports précédents, les réserves de glycogène, l’activité physique, la sensibilité à l’insuline et les caractéristiques métaboliques individuelles.

Le phénomène est progressif.

Nous ne passons pas brutalement d’un organisme qui brûle du sucre à un organisme qui brûle des graisses.

Nous utilisons en permanence plusieurs sources d’énergie.

Ce qui change, c’est leur contribution respective.

Cette souplesse porte un nom : la flexibilité métabolique.

Elle désigne la capacité de l’organisme à ajuster l’utilisation de ses substrats énergétiques en fonction de leur disponibilité et des besoins.

Le régime cétogène n’est pas une invention récente

Il est souvent présenté comme une tendance nutritionnelle contemporaine.

Pourtant, son utilisation médicale remonte aux années 1920.

Le régime cétogène a été développé notamment pour traiter certaines formes d’épilepsie, avant la disponibilité de nombreux médicaments anticonvulsivants.

Il reste aujourd’hui utilisé dans certaines épilepsies pharmacorésistantes, dans des indications précises et sous surveillance médicale spécialisée.

Ce point est important.

Le régime cétogène ne s’est pas construit à l’origine comme une méthode de perte de poids ou une stratégie de bien-être.

Il possède une véritable histoire thérapeutique.

Mais l’efficacité démontrée dans certaines indications médicales ne signifie pas que le même régime soit bénéfique pour tout le monde.

Depuis plusieurs années, ses effets sont étudiés dans d’autres domaines, notamment le métabolisme, le diabète de type 2, le contrôle du poids et certaines maladies neurologiques.

Les résultats sont intéressants dans certaines situations, mais ils restent très variables selon les indications.

Pourquoi certaines personnes perdent-elles du poids ?

La perte de poids est probablement l’effet le plus médiatisé du régime cétogène.

Elle peut être rapide au début.

Mais il faut comprendre ce qui se passe.

Le glycogène est stocké avec de l’eau. Lorsque ses réserves diminuent, une partie de cette eau est éliminée.

La baisse initiale du poids ne correspond donc pas exclusivement à une perte de graisse.

À plus long terme, une diminution de la masse grasse peut effectivement se produire.

Certaines personnes ressentent également une satiété plus importante ou une diminution de l’appétit, ce qui peut faciliter la réduction spontanée des apports énergétiques.

Mais la cétose ne dispense pas des principes fondamentaux de l’équilibre énergétique.

Et les études ne démontrent pas que le régime cétogène soit systématiquement supérieur, à long terme, à toutes les autres stratégies alimentaires adaptées.

Une méthode peut fonctionner pour une personne et se révéler contraignante, mal tolérée ou difficile à maintenir pour une autre.

Et sur la glycémie ?

La réduction importante des glucides peut entraîner une diminution des excursions glycémiques après les repas.

Chez certaines personnes présentant un diabète de type 2 ou une insulinorésistance, une alimentation pauvre en glucides peut améliorer plusieurs paramètres métaboliques.

Mais il faut distinguer les résultats observés pendant un protocole de leurs effets à long terme.

Il faut aussi tenir compte des traitements.

Une réduction brutale des glucides chez une personne prenant certains médicaments antidiabétiques peut entraîner des complications, notamment des hypoglycémies.

Certains traitements, comme les inhibiteurs de SGLT2, exposent également à un risque particulier d’acidocétose, parfois même sans glycémie très élevée.

Le régime cétogène ne doit donc pas être improvisé chez une personne diabétique.

Il peut constituer une stratégie nutritionnelle étudiée et parfois pertinente, mais cela ne remplace ni le suivi médical ni l’évaluation individuelle.

La cétose est-elle dangereuse ?

La cétose nutritionnelle est un phénomène physiologique.

Elle ne doit pas être confondue avec l’acidocétose diabétique.

Dans la cétose nutritionnelle, la production de corps cétoniques reste normalement régulée par les mécanismes hormonaux de l’organisme.

L’acidocétose diabétique correspond à une situation pathologique dans laquelle un déficit important d’action de l’insuline entraîne une production excessive de corps cétoniques et une acidification du sang.

C’est une urgence médicale.

La confusion entre ces deux situations a longtemps alimenté des malentendus autour du jeûne et du régime cétogène.

Mais distinguer cétose et acidocétose ne signifie pas qu’une alimentation cétogène soit sans risque.

Les circonstances individuelles restent déterminantes.

Les limites du régime cétogène

Réduire aussi fortement les glucides oblige à réorganiser une grande partie de l’alimentation.

Cette contrainte peut devenir difficile à maintenir dans la durée.

Elle peut également entraîner des déséquilibres si les aliments sont mal choisis.

La diminution des céréales complètes, des légumineuses et de nombreux fruits peut réduire les apports en fibres et en certains micronutriments.

La constipation est un problème relativement fréquent.

Au début du régime, certaines personnes ressentent fatigue, maux de tête, vertiges ou difficultés de concentration, parfois en lien avec les modifications de l’équilibre hydrique et électrolytique.

La composition des matières grasses mérite aussi une attention particulière.

Un régime très riche en graisses saturées peut entraîner une augmentation du cholestérol LDL chez certaines personnes, parfois importante.

Il serait donc trompeur de présenter le régime cétogène comme automatiquement protecteur sur le plan cardiovasculaire.

La qualité des aliments reste essentielle.

Et un régime cétogène construit principalement autour de produits ultratransformés et de graisses saturées n’a pas les mêmes implications nutritionnelles qu’une alimentation privilégiant poissons, huile d’olive, oléagineux et légumes.

La cétose ne transforme pas automatiquement une mauvaise alimentation en bonne alimentation.

Faut-il être en cétose pour bénéficier des effets du jeûne ?

Non.

C’est une distinction importante.

Le jeûne sollicite plusieurs mécanismes d’adaptation : mobilisation des réserves, modifications hormonales, changement de carburant, régulation énergétique et ajustements de certaines voies cellulaires.

La cétose est l’un de ces phénomènes.

Elle n’en constitue pas la totalité.

Et surtout, nous ne disposons pas d’éléments permettant d’affirmer que plus la concentration de corps cétoniques est élevée, plus les bénéfices d’un jeûne sont importants.

Le jeûne ne doit pas devenir une compétition métabolique.

Il n’existe pas de médaille pour celui qui entre le plus rapidement en cétose.

De la même manière, mesurer ses corps cétoniques tous les jours n’est pas indispensable à une expérience de jeûne chez une personne en bonne santé.

Les mesures sanguines, urinaires ou respiratoires peuvent renseigner sur certains aspects de la cétose, mais elles ne résument ni la sécurité ni la qualité d’un protocole.

Peut-on utiliser le régime cétogène pour préparer un jeûne ?

La question mérite d’être posée.

Une réduction préalable des glucides peut favoriser une production plus précoce de corps cétoniques lors de la transition vers le jeûne.

Sur le plan physiologique, le raisonnement est cohérent.

Mais cela ne signifie pas qu’il faille systématiquement adopter un régime cétogène strict avant de jeûner.

Nous ne disposons pas de preuves suffisantes pour affirmer que cette stratégie améliore, chez tout le monde, la tolérance ou les bénéfices d’un jeûne prolongé.

Une préparation alimentaire ne consiste pas seulement à chercher à accélérer la cétose.

Elle permet également de réduire progressivement certaines habitudes, de simplifier les repas, d’organiser son quotidien et de préparer l’organisme à un changement temporaire de rythme.

Chez Traverse, la préparation fait partie du protocole d’accompagnement.

Elle ne repose pas sur l’obligation d’entrer en cétose avant l’arrivée.

Et après le jeûne ?

La question se pose aussi au moment de la reprise alimentaire.

Certaines personnes imaginent qu’il faudrait rester le plus longtemps possible en cétose afin de prolonger les effets du jeûne.

Ce n’est pas notre objectif.

La reprise alimentaire correspond à une nouvelle transition physiologique.

L’organisme retrouve progressivement des apports énergétiques, des volumes alimentaires et une diversité de nutriments.

La manière de réintroduire les aliments doit tenir compte de la durée du jeûne, de l’état nutritionnel et des caractéristiques individuelles.

Après une restriction prolongée, la réalimentation peut nécessiter des précautions médicales particulières, notamment en présence de facteurs de risque de syndrome de renutrition.

Chez Traverse, cette phase fait partie intégrante de l’accompagnement.

Nous ne cherchons pas à maintenir artificiellement la cétose.

Nous cherchons à retrouver une alimentation variée, adaptée et durable.

Le régime cétogène n’est pas une méthode de détox

Le mot « détox » est souvent associé au régime cétogène.

Mais il faut être précis.

La cétose est un état métabolique caractérisé par une augmentation de la production de corps cétoniques.

Elle ne constitue pas une preuve que le foie ou les reins éliminent davantage de substances toxiques.

Ces organes assurent en permanence des fonctions essentielles de transformation et d’élimination.

La production de corps cétoniques ne démontre pas, à elle seule, une amélioration de ces fonctions.

Chez Traverse, nous employons le terme détox dans un sens plus large et plus concret.

Il s’agit de réduire temporairement certaines sollicitations et certains apports, de réorganiser le rythme alimentaire et de créer les conditions d’une expérience accompagnée.

Le régime cétogène peut éclairer certains mécanismes du jeûne.

Mais il ne constitue pas, en lui-même, notre méthode de détox.

Chez Traverse : comprendre le métabolisme plutôt que rechercher la performance

Ce qui nous intéresse dans le régime cétogène, c’est d’abord ce qu’il nous apprend sur l’organisme.

Nous ne dépendons pas d’un seul carburant.

Notre métabolisme possède une capacité d’adaptation que l’alimentation quotidienne ne nous donne pas toujours l’occasion d’observer aussi clairement.

Le jeûne rend cette capacité particulièrement visible.

Mais nous ne cherchons pas à pousser l’organisme vers un état métabolique considéré comme idéal.

Nous ne cherchons pas non plus à obtenir la cétose la plus rapide ou la plus profonde.

Notre approche du jeûne, inspirée de Buchinger, repose sur un protocole préparé, accompagné et suivi d’une reprise alimentaire structurée.

Elle associe la compréhension des mécanismes physiologiques à une expérience plus large : ralentir, marcher, se reposer, réduire les sollicitations et observer ce qui change lorsque les habitudes alimentaires sont temporairement interrompues.

Et parce que chaque personne possède une histoire, un état de santé et des besoins différents, le jeûne n’est pas une obligation dans tous nos formats.

Le régime cétogène et le jeûne nous rappellent une même chose : notre organisme est capable de fonctionner autrement.

Cela ne signifie pas qu’il doive fonctionner autrement en permanence.

La capacité d’adaptation est intéressante précisément parce qu’elle permet de passer d’un état à un autre.

Pas parce qu’un état serait nécessairement supérieur à tous les autres.

La suite se vit à Traverse.

---

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Cahill GF Jr. Fuel Metabolism in Starvation. Annual Review of Nutrition. 2006;26:1–22.

Paoli A, Rubini A, Volek JS, Grimaldi KA. Beyond weight loss: a review of the therapeutic uses of very-low-carbohydrate (ketogenic) diets. European Journal of Clinical Nutrition. 2013;67:789–796.

Kossoff EH et al. Optimal clinical management of children receiving dietary therapies for epilepsy: Updated recommendations of the International Ketogenic Diet Study Group. Epilepsia Open. 2018;3(2):175–192.

de Cabo R, Mattson MP. Effects of Intermittent Fasting on Health, Aging, and Disease. New England Journal of Medicine. 2019;381:2541–2551.

Goldenberg JZ et al. Efficacy and safety of low and very low carbohydrate diets for type 2 diabetes remission: systematic review and meta-analysis of published and unpublished randomized trial data. BMJ. 2021;372:m4743.

Nous contacter

Traverse La Teulera · Torremirona Resort · 17744 Navata (Girona)

Traverse La Teulera · Torremirona Resort
17744 Navata (Girona)

Mentions légales

Conditions générales de vente

© Traverse Detox — Tous droits réservés.

© Traverse Detox — Tous droits réservés.